Points non négociables et PME : réponses au cercle St Joseph

08/06/2017

Le cercle St Joseph m'a demandé de préciser mon positionnement et celui des candidats PCD sur 2 thèmes : 

- les "points non négociables" énoncés par Benoit XVI (respect de la vie, famille, liberté d'éducation...)

- les PME et leur rôle dans la société. 

Voici les questions du cercle St Joseph et mes réponses, complétées par une mise en perspective sur les enjeux de cette élection pour le PCD  :

Réponse d'Olivier PIRRA, délégué départemental du PCD (Parti Chrétien-Démocrate) dans le Rhône, candidat PCD dans la 12ème circonscription du Rhône.

NB : Les 10 candidats PCD dans le département se retrouvent dans ces réponses qui ne font que refléter la ligne du parti.

1. En sus de la prière, toujours première, il n'est pas sans intérêt de rappeler les "Principes non négociables" listés par le cardinal Ratzinger, alors préfet pour le doctrine de la foi, en 2002, à la demande du pape Jean-Paul II, dans la Note Doctrinale concernant certaines questions sur l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique.

Par ordre d'apparition dans ce texte ces principes pour mémoire sont les suivants:

1/ le caractère intangible de la vie humaine

2/ la promotion de la famille, fondée sur le mariage de deux personnes de sexe différent et la filiation biologique

3/ la liberté d'éducation et le rôle premier des parents

4/ le refus des formes modernes d'esclavage (telles que la drogue...)

5/ la liberté religieuse

6/ une économie au service de l'homme

7/ la recherche de la paix.

Cette lecture est à disposition dans son intégralité sur le lien suivant:

Note doctrinale concernant certaines questions sur l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique

Pouvez-vous expliciter votre positionnement personnel vis à vis de ces principes, celui de votre parti éventuellement, et les engagements que vous pouvez prendre devant nos membres pour la prochaine législature si demain vous êtes élu ?

La meilleure réponse à cette question réside dans nos statuts, en l'occurrence à l'article 2, que je reprends ici :

« Le PCD se fixe pour objet de promouvoir, au service des Français, un projet politique fondé sur la place première de l'Homme en toute chose, et notamment :

  • Le respect de la dignité de toute personne humaine de sa conception à sa mort naturelle avec une attention particulière portée aux plus fragiles et aux plus démunis ;
  • L'ordre public et la sécurité des personnes ;
  • La promotion de l'initiative privée et de la liberté ;
  • Le soutien de la famille et l'exercice effectif de la solidarité ;
  • La sauvegarde de l'identité de la France et de son rayonnement en Europe et dans le monde ;
  • L'engagement en faveur d'un développement durable au service des personnes. »

Le PCD est un parti qui s'inspire ouvertement de l'enseignement social chrétien et je suis donc complètement en accord avec les principes que vous énumérés puisqu'ils sont à la base même de la raison d'être du PCD (cf. ci-dessus ses statuts).

Le PCD s'attache à redonner du sens aux décisions politiques, à les mettre en perspective, ce qui permet de s'assurer de la cohérence d'ensemble du projet politique. Cette cohérence d'ensemble n'est rien d'autre que celle de la Doctrine sociale de l'Eglise, dont l'homme est la seule finalité. Autrement dit, le projet du PCD est bâti sur des principes intangibles, et non pas sur des éléments conjoncturels.

Cette « colonne vertébrale », qui fait malheureusement défaut à tous les autres partis est la garantie que nous ne changerons pas notre projet en fonction du contexte, des interlocuteurs, ... La cohérence et la constance dans le temps sont des préalables pour regagner la confiance des français, point clef pour pouvoir redresser le pays.

Ainsi, pour ne reprendre que quelques points nommés ci-dessus, je m'engage, si je suis élu à :

  • Lutter pour le respect de la vie en votant contre toutes les législations aggravant les atteintes portées à la vie. Ainsi, je refuserai l'euthanasie (priorité au développement des soins palliatifs notamment) et les attaques incessantes envers la vie naissante (développement d'une politique d'accueil de la vie avec des aides aux femmes enceintes en difficulté, faire de la baisse du nombre d'IVG un objectif de santé publique, ...). De même il faudra abroger la loi sur le délit d'entrave numérique à l'IVG.
  • Abroger la loi Taubira, qui contient en elle-même toutes les dérives sur les filiations contre lesquelles nous nous battons (adoption par des personnes de même sexe, la PMA et la GPA). Il convient aussi d'aider les couples (préparation au mariage civil, ...) et les familles, notamment d'un point de vue financier. Il s'agit là d'une question de justice : elles rendent un service incomparable à la société par l'accueil de la vie et l'éducation des enfants, il est normal que cette action soit reconnue par la société. Dans ce cadre, il faudra revenir sur les nombreuses attaques contre la famille menée durant le quinquennat de François Hollande (quotient familial, universalité des allocations familiales, ...).

Compte-tenu du rôle primordial de la famille pour notre société, le PCD veut faire du Ministre de la famille un ministre d'État avec un droit de regard sur tous les autres ministères. Toutes les politiques publiques doivent être étudiées à l'aune de la vie quotidienne des familles.

  • Refaire de l'école le lieu d'apprentissage des savoirs fondamentaux et de l'autorité, qui sont nécessaires à l'épanouissement personnel et à la vie en société. Il faut libérer l'école en supprimant le ratio école publique/école privée, en sortant de la carte scolaire pour rendre aux parents la possibilité de choisir l'école de leur enfant, en rendant une autonomie aux Directeurs d'établissement dans le choix de leur équipe éducative, en redonnant aux parents et aux éducateurs la liberté de pouvoir fonder des écoles collectivement, en permettant un financement public des initiatives privées en matière de création d'écoles, et d'établissement scolaires spécialisés, à la manière des « free schools » anglaises, ...

De plus, je m'engage à aider au développement des écoles hors contrat comme celles de type « espérance banlieues » dont la 1ère école a été ouverte à Montfermeil (93) dont le maire, Xavier LEMOINE, est Vice-Président du PCD. Nous sommes plusieurs du PCD à être impliqués dans celle de Pierre-Bénite.

  • Lutter contre toute forme d'esclavage. Pour information, Jean-Frédéric POISSON, Président du PCD, a organisé à l'assemblée nationale un colloque en septembre 2016 sur la pornographie et la protection des mineurs. Le PCD est le seul parti à oser traiter ce genre de sujets, dont les impacts sur notre société sont pourtant énormes. Et s'il le fait, ce n'est pas par calcul électoral, mais bien parce que cela s'inscrit dans la cohérence même de notre projet politique et une anthropologie claire et affirmée.
  • Œuvrer pour la paix, ce qui passe, en France, par la lutte contre le communautarisme et les attaques contre les solidarités naturelles constituant notre nation. La France est le bien que tous les Français ont en commun, il est donc normal que chacun en reçoive sa part d'héritage et contribue à sa grandeur.

De manière concrète, je demanderai que tous les citoyens contribuent à l'impôt sur le revenu, même de façon symbolique. De même je ferai rétablir le service national et universel d'une durée d'au moins 10 mois. Ce service sera militaire dans la limite des besoins des armées. Enfin, il est également urgent au niveau de l'éducation d'insister sur deux matières : l'enseignement du Français et de l'Histoire, afin de permettre à chacun de se sentir français et partie prenante de notre roman national.

Enfin, La France doit réaffirmer que sa culture de référence est la tradition chrétienne et inscrire les racines chrétiennes dans sa Constitution. C'est cela qui permettra de ne pas dévoyer notre laïcité à la française, car celle-ci est d'essence chrétienne.

2.

Notre société est bouleversée par la globalisation et la numérisation de nos relations sociales.

Dans ce paysage aux contours encore indéfinis, notre pays jette aujourd'hui un regard neuf sur l'entreprise, en particulier sur les PME que nos membres connaissent bien.

On a pu entendre que les dernières élections présidentielles ont été gagnées par une "start up », que notre Président déclare promouvoir l'émergence de nouveaux milliardaires français.

La figure de l'entrepreneur est désormais valorisée et, alors qu'il y a 20 ans, nos étudiants en filières économiques favorisaient la finance ou l'audit, l'entrepreneuriat est un choix fréquent.

Toutefois, il faut aussi constater la dilution du contrat traditionnel de travail, l'émergence d'une population d'indépendants, le rassemblement, autour d'un projet économique, d'une population de prestataires de service avant sa dissolution et le retour à la solitude une fois le projet abouti.

Nous estimons que l'entreprise est un d'abord un entité sociale dont le sentiment d'appartenance a toute son importance.

L'individu y tient la place centrale, l'entreprise est à son service.

Dans ce contexte en recherche d'équilibre, comment considérez-vous le rôle des PME dans la société française de demain ?

Jean-Frédéric POISSON fait partie du très petit nombre de députés (une dizaine) à avoir exercé une activité de chef d'entreprise. Le PCD est très favorable à l'économie de marché, très attaché à la liberté d'entreprendre (là aussi, c'est dans ses statuts) et à la responsabilité individuelle, mais dans la tradition française, c'est-à-dire avec une action régulatrice de l'Etat.

Réfléchir sur le rôle des PME plutôt que d'énumérer un « catalogue de mesures », c'est justement mettre en perspective les décisions à prendre, retrouver le sens de celles-ci pour aboutir à un cadre qui assurera une cohérence d'ensemble.

Au PCD, nous croyons au rôle fondamental de l'entreprise comme espace de vie, où peut s'incarner la subsidiarité, au service d'un projet (d'entreprise) qui unifie des hommes et des femmes aux cotés de l'entrepreneur.

la TPE ou la PME est un lieu de vie où les collaborateurs voient objectivement sans doute plus que dans un grand groupe l'impact de leur travail, les risques que prend le dirigeant, son engagement et bien souvent la solidarité réelle qui s'est créée autour et à l'intérieur de cette cellule sociale et économique qu'est l'entreprise.

C'est pourquoi l'entreprise, qui a ses règles, ses objectifs, ses besoin de cohésion et de participation de tous au mieux de ses possibilités, est source de croissance non seulement économique (pour les employés, pour la communauté immédiate) mais aussi et surtout source potentielle de croissance humaine magnifique pour ceux qui y travaillent. Et c'est la responsabilité de l'entrepreneur que d'y veiller.

Et parce que le travail ou plutôt l'activité est source de dignité de l'homme et de la femme, nous ne souhaitons pas la société totalement dérégulée de Mr Macron qui souhaite toujours plus d'indépendants pour s'adapter à un marché du travail supposément raréfié et des exigences de modernité mondialiste et technologique, quand souvent le statut d' « indépendants » peut hélas aussi rimer avec solitude, fragilité, isolement ou opportunément pour certains politiques en une manière bien pratique de sortie des statistiques du chômage...

Bien au contraire, nous souhaitons encourager l'entreprise, et particulièrement les TPE/PME, qui sont créatrices d'emplois raisonnés, et animatrices d'une communauté dans un territoire.

Une fois que le cadre est donné, que le sens de la politique à mettre en œuvre vis-à-vis des entreprises et des PME en particulier est clair, on peut ensuite aller plus avant vers des mesures concrètes qui seront ordonnées au cadre global. De manière générale, il faut créer un choc de confiance pour que les patrons de PME embauchent. Voici quelques mesures sur lesquelles je m'engage :

  • garantir un cadre stable et cohérent en matière fiscale, sociale et juridique afin de permettre aux entreprises de se projeter à moyen et long terme. Cela passe aussi par la réduction de la pression fiscale des entreprises au niveau de la moyenne européenne des autres grands pays de manière linéaire, sur 5 à 7 ans, en commençant par une baisse ciblée sur les PME / TPE et par la suppression de tous les dispositifs d'allègements de charges en contrepartie d'une baisse des cotisations sociales à due proportion. Ceci permettra de retrouver de la lisibilité et des marges pour investir et soutenir les salaires.
  • Lever des freins et adapter le code du travail à l'emploi dans les PME (réécrire le code du travail en 30 pages maximum, barémisation prudhommale, revoir à la baisse les délais de contestation d'un licenciement...)
  • Encourager la prise de risques au lieu de la sanctionner, en exonérant totalement de charges patronales la création du premier emploi salarié (comme c'est le cas en Belgique), en favorisant les reprises/transmissions d'entreprises par l'exonération pour la transmission de coût fiscal, contre des engagements tels que la durée de conservation des titres ou le maintien de la masse salarial en contrepartie (cf. Italie, Allemagne ou GB), en remettant en place un dispositif de déductibilité des intérêts d'emprunts pour la reprise...

Vos réponses seront transmises aux membres de notre cercle dans la semaine qui précède le premier tour des législatives.

Pour conclure, je me permets de remettre en perspective ces élections législatives. Certes il s'agit d'élire un homme, qui sera député, mais il y a aussi un impact sur les partis politiques qui est considérable et plus marqué dans cette élection que dans les autres. Ainsi vous ne votez pas tant pour une personne que pour un parti politique.

D'une part, par votre vote vous allez donner du poids dans les urnes à un parti et donc à son projet politique. D'autre part, le 1er tour des législatives définit le financement des partis politiques. Votre bulletin de vote c'est de l'argent qui va permettre de financer un parti et donc de le structurer, de lui donner des moyens d'agir et donc à terme de faire passer ses idées.

De ce point de vue-là, et dans le cadre d'une élection qui comporte 2 tours, je vous invite à voter au 1er tour pour le représentant du parti dont vous êtes le plus proche en termes d'idées. A force de ne pas voter pour ses convictions, il ne faut pas s'étonner que celles-ci ne soient pas représentées au niveau politique.

Or, en votant au 1er tour pour un candidat autre que celui du PCD, vous allez soutenir un parti dont les incohérences sont telles que vous avez la certitude à terme de ne pas vous y retrouver. (Cf. ci-dessus sur la cohérence d'ensemble du PCD et par contraste l'incohérence des autres partis) Par exemple, en votant LR, vous allez aussi bien soutenir un Xavier BRETON qu'une NKM ou un JUPPE. En votant FN vous allez aussi bien soutenir une Marion MARECHAL LE PEN qu'un Florian PHILIPPOT ou une Sophie MONTEIL. En votant UDI, vous allez aussi bien soutenir un Jean-Christophe FROMENTIN qu'un Jean-Christophe LAGARDE ou une Chantal JOUANNO. Etc.

Si vous vous reconnaissez dans le projet du PCD, le seul moyen de voir ce projet défendu et mis en œuvre, c'est de voter pour les candidats PCD ! Dans le cas contraire, en soutenant un parti dont une bonne partie des représentants ne pensent pas comme vous, ne soyez pas étonnés du résultat, à savoir, qu'une politique contraire à vos idées sera mise en œuvre.

A chacun d'être responsable de ses actes, à commencer par son vote...